MICE : moins d’événements, mais plus d’impact, le nouveau paradigme des organisateurs en 2025
Diversification des lieux, essor de l’internalisation, percée de l’intelligence artificielle…. Dans un environnement incertain, le MICE affiche une relative stabilité, mais reste sous pression face aux contraintes économiques et géopolitiques.
Dans un environnement économique et géopolitique incertain, où les contraintes budgétaires se conjuguent à des exigences accrues en matière de responsabilité sociétale et à une digitalisation accélérée, le secteur du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions) confirme sa résilience. La 33ᵉ étude annuelle menée par Coach Omnium, en partenariat avec le Groupe 1001 Salles et IDEAL Meetings & Events, met en lumière une mutation profonde des pratiques des entreprises organisatrices d’événements.
Premier enseignement : la contraction des budgets ne signe pas la fin des événements professionnels, bien au contraire. Si 66 % des entreprises déclarent une baisse de leurs dépenses en 2025, elles maintiennent leurs dispositifs en les repensant. L’heure est à la rationalisation, avec des formats plus courts, plus ciblés, mais surtout conçus pour maximiser leur impact. Les entreprises privilégient des événements à fort impact, dans l’objectif notamment de renforcer la cohésion des équipes, favoriser les échanges et marquer durablement les esprits.
Cette quête d’impact se traduit par une évolution des formats. Les séminaires et journées d’études restent dominants (85 %), mais ils ne suffisent plus à répondre aux attentes. Les entreprises investissent désormais davantage dans des expériences mémorables : soirées d’entreprise, cocktails ou encore activités de team building, en forte progression depuis la crise sdu covid. Ces formats, autrefois périphériques, s’imposent aujourd’hui comme des piliers de l’expérience événementielle, traduisant une volonté claire : marquer durablement les esprits.
Le choix des lieux devient un élément différenciant
Dans cette logique, le choix des lieux devient un élément différenciant. Les tendances enregistrées en 2024 se concrétisent.Si les hôtels conservent une position centrale, les organisateurs explorent de plus en plus des alternatives : châteaux, restaurants, lieux atypiques, sites industriels réhabilités ou encore infrastructures de loisirs. Cette diversification répond à un besoin d’originalité, mais aussi à une offre en plein renouvellement. Fait notable, dans ce segment, l’offre semble désormais tirer la demande, les professionnels étant en quête permanente de nouveaux cadres capables de surprendre.
Parallèlement, une tendance inverse s’observe : l’internalisation croissante des événements. En 2025, 80 % des entreprises organisent des manifestations dans leurs propres locaux, contre seulement 50 % avant la pandémie. Ce choix traduit une double logique : optimiser les actifs immobiliers et maîtriser les coûts. Il s’inscrit également dans une transformation plus globale des espaces de travail, désormais pensés comme des lieux hybrides, capables d’accueillir des événements.
Dans le même temps, la complexité croissante de l’organisation événementielle favorise le recours à des intermédiaires spécialisés. Venue finders et plateformes digitales gagnent du terrain, facilitant la recherche de lieux et de prestataires tout en optimisant les délais. Cette intermédiation contribue à structurer davantage le marché et à professionnaliser les pratiques.
Le recours à l’intelligence artificielle se renforce
La transformation digitale du secteur s’accélère. Plus d’une entreprise sur deux déclare utiliser l’intelligence artificielle dans l’organisation de ses événements, mais seulement 4 % systématiquement. Ces outils permettent notamment de rédiger des supports, de s’inspirer de nouvelles idées, de rechercher des prestataires, mais vont bien au-delà de ces usages courants : automatisation de certaines tâches, optimisation des budgets, personnalisation des messages… L’IA s’impose progressivement comme un nouvel outil d’aide à l’organisation événementielle.
Un marché attendu stable en 2026
Malgré les incertitudes, les perspectives restent relativement stables. Près de la moitié des entreprises anticipent une activité équivalente en 2026, signe que l’événementiel demeure un outil incontournable. Cette relative résilience s’inscrit toutefois dans un environnement géopolitique et économique plus instable. Les tensions persistantes au Moyen-Orient, leurs répercussions sur les coûts de l’énergie, les chaînes d’approvisionnement et la mobilité internationale, ainsi que les incertitudes qu’elles génèrent pour les entreprises, pèsent directement sur le secteur. Les organisateurs doivent composer avec des budgets plus contraints, une volatilité accrue des prix (transport, hébergement, logistique) et des arbitrages de dernière minute de la part des clients. À cela s’ajoutent des enjeux sécuritaires renforcés et une prudence accrue des entreprises quant aux déplacements internationaux, ce qui peut favoriser des formats hybrides ou des événements plus localisés.
Au final, le marché du MICE devrait dans les mois qui viennent s’adapter une nouvelle fois à un environnement mouvant, où les équilibres restent fragiles et les signaux parfois contradictoires. Habitué aux cycles d’incertitude, le secteur a démontré sa capacité de résilience, mais il devra continuer à faire preuve d’agilité pour répondre à des contraintes qui évoluent rapidement, qu’elles soient économiques, géopolitiques ou sociétales.