wAIv events, le copilote IA qui construit l’architecture digitale d’un événement
Avec sa nouvelle plateforme pilotée par l’IA, Appcraft entend simplifier la préparation des événements en transformant un simple brief en dispositif digital opérationnel.
Pendant longtemps, le numérique est resté l’intendance invisible de l’événementiel. Derrière chaque salon professionnel, congrès ou convention d’entreprise se cache une succession d’opérations souvent chronophages : création d’un site dédié, formulaires d’inscription, invitations, relances, traduction des contenus, mises à jour de dernière minute. Un travail indispensable, mais rarement créateur de valeur en lui-même.
L’arrivée de l’intelligence artificielle dans ce secteur ouvre désormais une autre perspective. Après avoir investi la production de contenus ou le développement logiciel, l’IA s’attaque à la chaîne de préparation des événements, avec l’ambition de transformer un brief en un dispositif digital immédiatement opérationnel.
C’est sur ce créneau qu'AppCraft, éditeur français spécialisé dans les solutions événementielles, dévoile wAIv events. La plateforme repose sur un principe simple : l’utilisateur décrit son projet en langage naturel et l’intelligence artificielle produit l’ossature numérique de l’événement. Site web, formulaires d’inscription, emails d’invitation, relances, contenus éditoriaux ou encore traductions sont générés en quelques minutes, avant d’être enrichis ou modifiés par les équipes.
Passer du « Do it yourself » au « Do it for me »
Au-delà de la démonstration technologique, cette approche traduit une évolution plus profonde des usages. Jusqu’à présent, les plateformes événementielles proposaient essentiellement des outils permettant de construire soi-même l’ensemble du dispositif. Avec l’IA générative, la logique s’inverse progressivement : la machine prépare une première version cohérente, tandis que l’organisateur conserve les arbitrages, les choix éditoriaux et la personnalisation.
Cette évolution accompagne une réalité bien connue des professionnels. Les délais de préparation se raccourcissent, les événements multiplient les formats hybrides ou internationaux, les contenus doivent être adaptés à différents publics et les équipes ne s’agrandissent pas pour autant. La capacité à absorber cette complexité devient un enjeu de compétitivité autant qu’un facteur de qualité.
Le pari de wAIv events consiste précisément à déplacer le temps humain vers les tâches à plus forte valeur ajoutée. L’intelligence artificielle prend en charge les opérations répétitives, laissant aux organisateurs la conception de l’expérience, la relation avec les participants ou encore la scénographie des échanges. L’IA ne devient pas l’auteur de l’événement ; elle en prépare les fondations numériques.
L’innovation réside davantage dans l’intégration de l’IA au cœur d’un métier que dans la technologie elle-même
Cette philosophie tranche avec une partie des discours actuels autour de l’intelligence artificielle, souvent centrés sur la performance des modèles. Ici, l’innovation réside davantage dans l’intégration de l’IA au cœur d’un métier que dans la technologie elle-même. L’objectif n’est pas d’ajouter une fonctionnalité intelligente à une plateforme existante, mais de repenser le point d’entrée de la création événementielle.
Les premiers usages semblent confirmer l’intérêt de cette approche. Quelques semaines après son lancement, la plateforme revendique déjà plus d’un millier de briefs générés et plusieurs centaines d’événements finalisés. Des indicateurs qui témoignent moins d’un effet de curiosité que d’une attente du marché pour des outils capables d’automatiser une partie de la production opérationnelle sans déposséder les équipes de leur rôle décisionnel.
Autre signal de maturité : les questions de souveraineté et de conformité, devenues centrales dans les projets intégrant de l’IA. Les données de la plateforme sont hébergées en Europe chez OVH, un choix qui répond aux exigences croissantes des entreprises et des organisations publiques en matière de protection des informations.
L’initiative illustre surtout une tendance plus large qui traverse l’ensemble des logiciels professionnels. Après des années consacrées à fournir des interfaces toujours plus complètes, une nouvelle génération d’outils cherche désormais à produire directement le travail attendu. L’utilisateur n’est plus seulement assisté, il délègue une partie de l’exécution.
Pour l’EventTech, cette mutation pourrait constituer un tournant comparable à celui qu’a représenté, il y a une dizaine d’années, la généralisation du SaaS. La valeur d’une plateforme ne résidera plus uniquement dans les fonctionnalités qu’elle met à disposition, mais dans sa capacité à faire gagner un temps précieux sans réduire la liberté de création. Dans un secteur où l’expérience humaine demeure le véritable produit final, cette promesse pourrait bien redessiner durablement la manière de concevoir les événements.
3 questions à laurent Bel, CEO d’Appcraft
« Les utilisateurs n’attendent plus seulement un logiciel, ils veulent un véritable partenaire de travail. »
Le lancement de wAIve events vous a-t-il déjà appris quelque chose sur les nouvelles attentes des organisateurs d’événements ?
L.B. : Beaucoup plus que nous l’imaginions. Nous savions que la simplicité d’utilisation était importante, mais nous découvrons que les attentes ont déjà changé de nature. Les utilisateurs ne veulent plus simplement disposer d’un outil performant : ils souhaitent dialoguer avec lui. Les interfaces conversationnelles, popularisées par ChatGPT ou Gemini dans les usages quotidiens, ont profondément modifié les réflexes. Aujourd’hui, lorsqu’ils utilisent un logiciel professionnel, les organisateurs s’attendent à retrouver cette même fluidité. Ils veulent expliquer leur besoin avec leurs propres mots, être guidés à chaque étape et ne plus avoir à chercher eux-mêmes la bonne fonctionnalité. C’est une évolution rapide, qui nous oblige à repenser la manière dont nous concevons nos logiciels.
Vous faites désormais évoluer wAIve.events vers un système d’agents spécialisés. Pourquoi ce choix ?
L.B. : Au départ, nous imaginions un assistant unique capable d’accompagner l’utilisateur du début à la fin de son projet. Les premiers retours nous montrent qu’une approche plus spécialisée est beaucoup plus pertinente.
Demain, un agent pilotera l’événement dans son ensemble, tandis que d’autres interviendront sur des missions précises : créer un site, construire un formulaire complexe, préparer les invitations ou gérer les relances. C’est particulièrement visible sur les formulaires d’inscription. Les utilisateurs savent parfaitement décrire ce qu’ils souhaitent obtenir, mais beaucoup rencontrent des difficultés lorsqu’il faut traduire ces besoins en règles techniques. Un agent conversationnel spécialisé peut comprendre cette intention et générer automatiquement la logique correspondante. C’est précisément ce type d’assistance qui apporte une vraie valeur.
Au-delà du gain de temps, quel impact voyez-vous sur les métiers de l’événementiel ?
L.B. : On réduit souvent l’intelligence artificielle à une promesse de productivité. À mes yeux, l’enjeu est ailleurs. L’objectif n’est pas de remplacer les équipes, mais de les débarrasser des tâches répétitives qui occupent une part importante de leur temps. L’organisation d’un événement reste un métier profondément humain. L’IA peut préparer un site, générer des contenus ou automatiser des relances, mais elle ne remplacera jamais la créativité, la relation avec les clients ou la qualité de l’expérience vécue par les participants. Si cette technologie permet aux équipes de consacrer davantage de temps à imaginer, conseiller et créer plutôt qu’à produire, alors elle aura réellement transformé le métier.