Inspirations

Pour une Biguine avec toi… coûte que coûte


Pour la première fois de son histoire le Salon de l’agriculture se tiendra cette année sans bovins et son égérie Biguine, vache originaire de Martinique. Ce retrait pose un défi aux organisateurs : transformer cette absence en message de soutient.

Pour une Biguine avec toi… coûte que coûte
Pour une Biguine avec toi… coûte que coûte

Événement inédit au Salon international de l’agriculture : aucune vache ne sera présente lors de l’édition qui se déroulera du 21 février au 1er mars. En cause : la dermatose nodulaire contagieuse, qui impose des mesures sanitaires strictes. Une décision radicale et une absence presque inimaginable, tant les bovins incarnent, aux yeux du public, l’âme même du Salon.

Le choc est immense pour les éleveurs. Déjà fragilisés par des crises économiques, climatiques et sociétales, ils vivent cette situation comme une double peine : la menace sanitaire pour leurs troupeaux et la perte d’une vitrine essentielle. Car le Salon n’est pas qu’une exposition, c’est un lieu de reconnaissance, de dialogue et de fierté. Ne pas y être, c’est se sentir invisibilisé, au moment même où l’agriculture a besoin d’être comprise et soutenue.

Tanguy Leclerc - © D.R.
Tanguy Leclerc - © D.R.

Pour les organisateurs, le défi est tout aussi considérable. Comment préserver l’attractivité d’un rendez-vous historiquement porté par la fascination pour les animaux ? L’absence des bovins pourrait détourner une partie du public, notamment les familles. Il faut donc rebondir et créer de nouvelles animations, réinventer le Salon sans le dénaturer. Vaches en plastique, hologrammes… les idées fusent. Mais rien ne remplacera la magie du réel.

Réinventer le Salon, c’est donc aussi renforcer la pédagogie et les échanges directs avec les agriculteurs, expliquer cette absence et ce qu’elle dit de la vulnérabilité du monde agricole. Transformer un manque en message, en somme, et surtout préserver l’essentiel : le lien entre les citoyens et ceux qui les nourrissent.

« Venir, c’est soutenir », martèlent les organisateurs du Salon. Un cri du cœur qu’il est urgent de transformer en cri de ralliement.