VivaTech 2026 : LVMH entend mettre en scène l’innovation au service de l’expérience luxe
En amont de la dixième édition de Vivatech, le groupe LVMH est revenu sur sa stratégie d’innovation et réaffirmé sa vision d’un luxe augmenté par la technologie.
Partenaire fondateur de VivaTech depuis sa création en 2016 via son groupe média Les Échos-Le Parisien, LVMH s’apprête à célébrer les dix ans du rendez-vous parisien de l’innovation et de la tech avec un dispositif immersif conçu comme une vitrine de sa transformation technologique. À quelques jours de l’ouverture de l’événement, programmé du 17 au 20 juin à Paris Expo Porte de Versailles, les dirigeants du groupe ont détaillé les grandes lignes de leur présence lors d’un point presse organisé le 1er juin.
Pour Gonzague de Pirey, Chief Omnichannel & Data Officer de LVMH, le succès de VivaTech repose sur une singularité qui demeure intacte dix ans après son lancement : la capacité à réunir dans un même espace startups innovantes et grands groupes internationaux. Une formule qui a largement contribué au développement de l’écosystème d’innovation du leader mondial du luxe.
Depuis 2016, près de 6 000 startups ont ainsi été identifiées dans le cadre de VivaTech, dont environ 230 ont été accompagnées ou accélérées par LVMH via « La Maison des start-ups ». Parmi les success stories figure Fairly Made, spécialiste de la traçabilité des produits et de la transparence des chaînes d’approvisionnement, aujourd’hui nommée dans la catégorie Best Impact Award du prix de l’innovation du groupe avec une mesure de l’impact RSE pouvant être communiquée aux consommateurs finaux. Le scope 3, dans le luxe, représente en effet 90 % de l’impact environnemental. L’objectif de l’appui de LVMH à cette start-up, qui dure depuis six ans, est de faire en sorte que les Maisons du groupe optimisent leurs achats.
Dix ans d’une alliance devenue stratégique entre luxe et technologie
Lorsque VivaTech a vu le jour, l’association entre univers du luxe et technologies numériques ne relevait pas encore de l’évidence. Selon les dirigeants du groupe, seules deux maisons disposaient alors d’une véritable avance en matière digitale : Sephora et Louis Vuitton. Sephora avait ouvert son activité e-commerce dès 2000 aux États-Unis puis en France en 2005, rapidement suivie par Louis Vuitton. Une longueur d’avance qui a progressivement permis au groupe de diffuser les usages numériques à l’ensemble de ses maisons.
« Nous essayons de montrer que la technologie vient soutenir l’ensemble des points de la chaîne de valeur de nos maisons », a rappelé Franck Le Moal, directeur IT et Technologie de LVMH.
Aujourd’hui, les investissements technologiques du groupe s’articulent autour de plusieurs priorités : les objectifs environnementaux du programme Life 360, la préservation des savoir-faire artisanaux, l’optimisation des chaînes logistiques et l’amélioration continue de l’expérience client. « LVMH n’est pas une entreprise technologique et n’a pas vocation à le devenir. Notre métier reste le luxe ; la technologie est un levier au service de cette ambition », a insisté Gonzague de Pirey.
DreamGallery, une scénographie immersive au cœur du stand LVMH
Pour traduire concrètement cette vision auprès des visiteurs de VivaTech, LVMH a conçu cette année un parcours expérientiel baptisé « DreamGallery ».
Plus qu’un simple espace d’exposition, le dispositif se présente comme une déambulation immersive d’environ quinze minutes à travers les différentes étapes de la chaîne de valeur du luxe. Les visiteurs découvrent successivement des initiatives liées à l’approvisionnement des matières premières, à la fabrication, à la logistique, à la création ou encore à la relation client. Dix maisons du groupe y présenteront chacune une expérience spécifique, illustrant la manière dont les technologies contribuent à répondre à des enjeux industriels, environnementaux ou commerciaux.
Parmi les démonstrations annoncées, Parfums Christian Dior mettra en lumière ses travaux visant à réduire la consommation d’eau dans les champs de fleurs de Grasse, tandis que Louis Vuitton dévoilera des solutions destinées à optimiser l’utilisation des matières premières dans ses processus de fabrication.
Les agents IA s’invitent dans les maisons du groupe
L’intelligence artificielle occupera naturellement une place centrale dans l’édition 2026 de VivaTech. Pour la première fois sur le salon, la maison Celine présentera « Célia », un agent conversationnel conçu pour accompagner les équipes retail. Cet assistant est notamment capable de fournir en temps réel des informations produits ou des données relatives aux stocks disponibles en magasin. D’autres agents spécialisés ont également été développés au sein du groupe. Louis Vuitton déploie ainsi « Gaston », tandis que les équipes créatives peuvent s’appuyer sur « LucIA », un outil pensé pour accompagner les processus de création. Cette stratégie repose sur plusieurs partenariats technologiques majeurs noués avec Google Cloud, Alibaba et Tencent. Le groupe indique par ailleurs explorer des collaborations potentielles avec des acteurs français et européens de l’intelligence artificielle.
En interne, la démocratisation des usages est déjà bien engagée : près de 50 000 collaborateurs utilisent aujourd’hui MaIA, la plateforme conversationnelle développée par LVMH et souvent présentée comme un « ChatGPT maison ».
Un nouvel enjeu : exister dans les moteurs conversationnels
Au-delà des outils internes, LVMH estime que l’émergence des grands modèles de langage modifie profondément les parcours clients. Selon Gonzague de Pirey, les consommateurs s’adressent désormais de plus en plus aux assistants conversationnels avant même de visiter un site web ou de se rendre en boutique. Une évolution qui pousse le groupe à repenser sa visibilité numérique. L’objectif consiste désormais à assurer une présence optimale des maisons, de leurs produits et de leurs réseaux de distribution dans les réponses générées par les principaux LLM du marché.
Cette réflexion se traduit déjà par des adaptations des plateformes digitales du groupe. Sephora a notamment lancé aux États-Unis un agent conversationnel destiné au grand public, préfigurant ce que pourrait devenir la relation client dans les années à venir.
À travers DreamGallery, LVMH entend démontrer que l’innovation technologique ne constitue plus seulement un sujet d’expérimentation. Elle devient un élément de mise en scène, d’engagement et de performance, aussi bien dans les événements professionnels que dans l’expérience proposée aux clients des maisons du groupe.