Inspirations

Militaires et professionnels de l’event, même combat.


« Orion26 », le plus vaste exercice militaire simulé mené par l’armée française depuis cinquante ans, révèle des logiques opérationnelles étonnamment proches de celles de l’événementiel.

Militaires et professionnels de l’event, même combat.
Militaires et professionnels de l’event, même combat.

Les communes de Mailly-le-Camp et de Suippes, dans la Marne, ont accueilli cette semaine ce qui constitue sans doute la plus grande opération événementielle du moment. Rien à voir pourtant avec un festival de musique ou une grand-messe d’un groupe du CAC 40. Ici, pas de badges VIP ni de scénographie immersive au sens où l’entend notre secteur, mais le plus vaste exercice militaire organisé sur le territoire national depuis la fin de la guerre froide, baptisé « Orion26 ».

Point d’orgue de quatre mois d’affrontements simulés à travers l’Hexagone, cette manœuvre a mobilisé près de 10 000 soldats français aux côtés de forces issues d’une vingtaine de pays alliés. Une démonstration grandeur nature des capacités françaises face à un adversaire fictif, dont les caractéristiques ne laissent guère de doute sur son inspiration.

Tanguy Leclerc - © D.R.
Tanguy Leclerc - © D.R.

Sur le terrain, les équipements déployés nous sont familiers : drones, strcuture de camouflage, postes de commandement démontable en moins de 24 heures, séquences d’entraînement en conditions réelles au cœur même des villages… Du live grandeur nature en définitive.

Derrière cette mécanique millimétrée, tous les corps de l’Armée française sont mobilisés - le Génie en première ligne - là où, dans d’autres contextes, interviendraient agences et prestataires techniques. Coordination de centaines d’intervenants, déploiement d’infrastructures temporaires, sécurisation des zones, gestion du temps court : les logiques opérationnelles ne sont pas si éloignées. Ici aussi, il faut monter vite, adapter en permanence, absorber l’imprévu. Les fondamentaux sont les mêmes. Seules changent l’intensité… et les conséquences potentielles, évidement.

Dans cet exercice, les Forces armées françaises agissent en totale autonomie. Aucun acteur de l’événementiel n’a vocation à intervenir sur ce type d’opération, et la comparaison s’arrête là. Mais elle éclaire malgré tout une réalité : à mesure que les dispositifs événementiels gagnent en complexité - sites multiples, contraintes sécuritaires accrues, logistique sous pression - certaines méthodes se rapprochent, presque naturellement. Deux mondes différents, certes, mais confrontés, chacun à leur manière, aux mêmes exigences d’organisation et de réactivité.