La culture, ce bien non négociable
Un Français sur cinq reconnaît souffrir du syndrome de « non-envie de culture » selon une étude Ifop pour la Fondation Art Explora. Un Renoncement dont on ne peut se satisfaire.
Faut-il désespérer du tempérament des Français ? Par moment, la tentation est grande. Prenez notre rapport à la culture : nous ne cessons de la sacraliser mais nous la désertons avec une désinvolture confondante. Selon une récente étude menée par l’Ifop pour la Fondation Art Explora, 86 % des Français la jugent essentielle à leur qualité de vie, et pourtant un sur cinq reconnaît n’avoir pratiqué aucune activité culturelle au cours des douze derniers mois.
C’est à ne rien y comprendre. Car dans le même temps, jamais l’appétit pour les expériences collectives n’a semblé aussi fort. L’événementiel en est le meilleur révélateur - et le principal bénéficiaire. Il offre, dans bien des cas, une manière d’accéder à la culture sans la programmer ni l’anticiper, sans l’effort d’organisation qu’elle exige.
Car c’est bien là que le bât blesse. Plus que le manque de temps ou d’argent, l’étude met en lumière un frein plus inattendu : une forme de « non-envie de culture ». Ou plutôt l’incapacité à transformer un désir diffus en pratique concrète. Dans des quotidiens perçus comme déjà très remplis, il devient difficile de « faire de la place » pour des activités culturelles souvent jugées longues et contraignantes à organiser. La culture, perçue comme exigeante, recule face à des loisirs plus simples et immédiatement accessibles. Pourtant, l’enjeu dépasse le simple divertissement. L’étude le rappelle : ceux qui pratiquent la culture sont plus enclins au dialogue, au partage, à l’engagement collectif.
Face à ce constat, l’enjeu n’est plus seulement de rendre la culture accessible, mais de recréer les conditions du désir : en la rapprochant des lieux de vie, en proposant des formats plus souples et adaptés aux rythmes contemporains et en imaginant des expériences sensibles, immédiates et collectives, capables de recréer du lien.
Dans ce contexte, l’événementiel à sa carte à jouer. Ou plutôt son rôle à jouer. Car on ne peut accepter que le renoncement s’ajoute à la liste déjà bien remplies de défauts dont on affuble les Français.