Retrouver le goût du rassemblement
Soigner les symptômes du rejet par les Français de la politique et de ceux qui l’incarnent devrait être la seule est unique grande cause nationale d’ici 2027. Car sans récit national, la démocratie dépérit.
Pendant que le regard du monde se tourne vers le Moyen-Orient, les Français s’apprêtent se rendre aux urnes pour les élections municipales. À deux jours du scrutin, l’actualité politique locale peine à exister dans l’espace médiatique, la faute à la crise internationale, certes, mais aussi au désintérêt de plus en plus marqué des Français pour la politiques et ceux qui l’incarnent.
On ne peut que le regretter, car la communication politique a toujours été une affaire de mise en scène. Des salles à remplir, des places publiques à animer, des citoyens à rassembler autour d’une parole et d’un projet. Meetings, réunions publiques, déplacements de terrain : ces moments de rencontre sont les principes même d’une démocratie vivante. Ils relèvent pleinement de l’ingénierie événementielle. Et pourtant, la mécanique se grippe. Les salles se clairsement, l’enthousiasme s’émousse, et ces rendez-vous collectifs peinent à retrouver leur force d’entraînement. Autant de signaux d’un affaiblissement profond du lien entre le politique et les citoyens.
La responsabilité incombe d’abord aux dirigeants politiques, dont les discours peinent à susciter l’élan. Mais la crise est plus profonde : la politique ne parvient plus à embarquer les citoyens dans un récit commun, dans une vision partagée de la France.
Pour les professionnels de la communication et de l’événementiel, le défi est immense. Car derrière la difficulté à organiser un meeting, c’est une question plus large qui se joue : comment recréer du collectif dans une démocratie qui semble avoir perdu le goût de se rassembler, sinon pour contester ?