Paris vaut bien un stade
Et si la ville de Paris profitait de la vente du Parc des Princes au PSG pour racheter le slogan « Ici, c’est Paris » et enfin se doter d’une véritable signature internationale ?
La discussion autour de la cession du Parc des Princes au Paris Saint-Germain, propriété de Qatar Sports Investments, s’inscrit dans une logique désormais bien connue : celle d’un club devenu marque globale cherchant à maîtriser l’ensemble de ses actifs stratégiques, de l’équipe au stade.
Dans ce contexte, la ville de Paris, désormais dirigée par Emmanuel Grégoire, semble prête à ouvrir la porte à une négociation longtemps bloquée. Le mandat récemment donné par le Conseil de Paris pour discuter officiellement de cette vente va dans ce sens.
Convenons-en, il y a parfois, dans les grandes négociations, des idées sérieuses qui naissent de propositions en apparence saugrenues. Celle-ci en fait partie : et si la ville ne se contentait pas de céder un actif immobilier, aussi emblématique soit-il, mais cherchait à acquérir en retour un actif immatériel à la hauteur de son propre rayonnement ? J’entends par là, le slogan « Ici, c’est Paris » bien sûr. À première vue, l’idée peut prêter à sourire. Elle est pourtant moins anecdotique qu’il n’y paraît. Car dans l’économie actuelle des métropoles, la valeur de la marque ne réside pas uniquement dans leurs infrastructures, mais dans leurs récits et leurs marqueurs identitaires.
Le Parc des Princes est un lieu chargé d’histoire, mais dont l’usage est aujourd’hui quasi exclusivement capté par le PSG version QSI. Sa valorisation future dépendra largement de la capacité du club à en faire un outil d’exploitation moderne, à l’image des standards européens. En ce sens, sa cession au club relève d’une forme de cohérence industrielle. À l’inverse, « Ici, c’est Paris » constitue un actif d’une nature différente. Né dans les tribunes, approprié par des milliers de supporters, il dépasse désormais le seul cadre du football. Sa force tient à sa simplicité, à son efficacité et à sa capacité d’appropriation immédiate.
Son acquisition offrirait à la capitale une signature forte, instantanément reconnaissable, chargée d’émotion et de fierté, capable de fédérer et de s’imposer dans l’imaginaire collectif. Qui plus est, elle pourrait se décliner sur tous les terrains : attractivité touristique et économique, communication institutionnelle, événements culturels… Bref, elle lui permettrait de renforcer la cohérence et la lisibilité de son positionnement à l’international et de faire de Paris une véritable love brand globale.
Vous achetez l’idée ?