Stratégies

Deux siècles du Figaro célébrés sous la verrière du Grand Palais


Le quotidien fête ses 200 ans lors de trois journées d’exposition et de conférences ouvertes au grand public du 14 au 16 janvier. Un événement unique pour un média français.

Deux siècles du Figaro célébrés sous la verrière du Grand Palais
Deux siècles du Figaro célébrés sous la verrière du Grand Palais

Rares sont les titres de presse qui peuvent traverser deux siècles sans disparaître, se diluer ou devenir méconnaissables. Le Figaro, lui, est toujours là. Né le 15 janvier 1826, le quotidien fête en 2026 ses 200 ans d’existence - une longévité exceptionnelle dans un paysage médiatique marqué par les ruptures, les crises et les révolutions technologiques.

Entre le premier numéro publié sous la Restauration et le journal d’aujourd’hui, ce sont deux cents ans de transformations politiques, sociales et culturelles que Le Figaro a traversées, racontées et parfois incarnées. D’abord feuille satirique et littéraire, volontiers frondeuse face au pouvoir de Charles X, le titre devient un véritable quotidien dans les années 1860 sous l’impulsion d’Hippolyte de Villemessant. Depuis, il n’a cessé d’évoluer avec son époque.

Propriété de la famille Dassault, Le Figaro peut s’enorgueillir de toucher chaque jour près de 35,1 millions de personnes à travers ses différents médias selon l’ACPM. Une manière de rappeler qu’à l’ère du numérique comme au temps de la presse imprimée triomphante, le journal continue de peser dans le débat public français.

Raconter comment un média participe à la transformation du monde

Pour fêter son bicentenaire, ses dirigeants ont vu les choses en grand : une vaste exposition installée dans la nef du Grand Palais du 14 au 16 janvier 2026 retrace son histoire avec l’ambition de raconter « comment un média participe à la construction de l’actualité en mêlant les récits de l’histoire de France, des médias et du journal  », indique Claire Blandin, la commissaire de l’exposition.

Le triptyque célébration-information-distraction constitut le socle de l’exposition, orchestrée par l’agence Marcadé : deux « avenues » encadrées chacune par deux murs de 25m de long sur 6m de haut où prennent place plus de 600 documents issus des archives du Figaro, du fonds de la Bibliothèque nationale de France, de l’Imec (Institut Mémoires de l’édition contemporaine) et d’agences spécialisées : unes « historiques », illustrations, photos, dessins d’époque… les murs sont tapissés de ces visuels qui retracent l’histoire du journal, de celles et ceux qui l’ont fait, mais aussi de l’histoire de France et des médias.

L’exposition et l’aménagement de la nef du Grand Palais ont été confiés à l’agence Marcadé - © D.R.
L’exposition et l’aménagement de la nef du Grand Palais ont été confiés à l’agence Marcadé - © D.R.

La nef est organisée en quatre périodes :

  • 1826-1913, de son lancement sous la Restauration par Maurice Alhoy et Étienne Arago, jusqu’à l’assassinat de son directeur Gaston Calmette par Henriette Caillaux.
  • 1914-1942, année de son sabordage pendant la deuxième guerre mondiale
  • 1946-1975, de la relance du journal jusqu’à sa reprise par Robert Hersant
  • 1975-2025, qui couvre la période Hersant, puis la reprise par Dassault en 2004 et la diversification dans le digital.

Dans le prolongement de cette rétrospective, un beau livre, nourri d’archives, d’anecdotes inédites et de photos actuelles, raconte les grandes heures du journal, tandis qu’un documentaire de 52 minutes, diffusé sur France 2 le 12 janvier, revient sur l’histoire du quotidien.

Le documentaire est disponible sur la plateforme France.TV - © D.R.
Le documentaire est disponible sur la plateforme France.TV - © D.R.

La vidéo est aussi un acteur majeur et immersif de l’exposition. Chacun des quatre « murs » est doté de deux alcôves dans lesquelles le public peut entrer et passer quelques minutes afin de regarder des films de trois ou quatre minutes relatant un thème, un moment de l’histoire du Figaro. Du destin unique d’Hippolyte de Villemessant à l’affaire Dreyfus, en passant par la place du Figaro dans la culture française (il apparaît dans de nombreux films et séries, des écrivains ou des chanteurs l’ont mentionné…), le rôle de ses grands reporters, Le Figaro pendant les guerres… Autre traitement vidéo : une production confiée à l’agence Superbien : deux films projetés sur l’intégralité des façades intérieures nord et sud montrent la fabrication du quotidien, de l’intérieur.

30 000 visiteurs attendus

Trente mille visiteurs sont attendus au Grand Palais durant ces trois journées ouvertes au grand public. Les inscriptions sont libres et gratuites sur le site internet prévu pour l’événement 200ans.lefigaro.fr.

Au-delà de l’exposition, qui constitue le fil rouge du programme, les festivités se poursuivront trois jours durant avec des conférences et des débats. Ce mardi 13 janvier, la soirée d’inauguration réunit 600 invités. Pour l’occasion, un spectacle indédit sera proposé, Les Écrivains du Figaro, porté par Fabrice Luchini, qui prêtera sa voix à Hugo, Baudelaire, Proust, Colette, Mauriac ou encore Houellebecq. Le comédien reprendra cette création unique trois soirs de suite - le 13 pour l’ouverture, le 14 pour la soirée des Amis et partenaires du Figaro et le 15 pour celle dédiée aux collaborateurs du Groupe.

Un dispositif de communication de 3 millions d’euros

Au global, le dispositif autour du bicentenaire représente un coût de 3 millions d’euros nets. « C’est la plus grosse opération de communication menée par le groupe depuis 20 ans », souligne Marc Feuillée, son directeur général. Plusieurs partenariats avec des marques ont été montés, dont les recettes compensent une partie de l’investissement. Des produits dérivés de tous ordres ont été créés : stylo, puzzle, vaisselle - dont un timbre anniversaire en collaboration avec La Poste -, qui devraient constituer une autre source de revenus.

Le Figaro, première marque d’information en France

. 35,1 millions de lecteurs touchées chaque jour par un média du groupe Figaro (Print, digital, audio, TV) (source ACPM OneNext Global 2025 S1).

. 400 571 exemplaires de diffusion papier France payée pour le quotidien (source ACPM oct. 2025).

. 241,6 millions de visites par mois sur le site internet lefigaro.fr (source ACPM déc. 2025).