Stratégies

Le Prix d’Amérique Festival réussit son baptême du feu malgré quelques déboires


Le week-end dernier, le mythique Prix d’Amérique s’est décliné pour la première fois en format festival sur trois jours à Vincennes. Entre courses, concerts et village immersif, cette nouvelle formule a attiré 55 000 visiteurs et marque une étape clé dans l’évolution de l’événement.

Le Prix d’Amérique Festival réussit son baptême du feu malgré quelques déboires
Le Prix d’Amérique Festival réussit son baptême du feu malgré quelques déboires

Événement phare du trot mondial, le Prix d’Amérique Legend Race a une nouvelle fois électrisé l’hippodrome de Vincennes le week-end dernier. La caisse de résonance était cette année d’autant plus forte que les organisateurs avaient décidé de faire évoluer l’expérience proposée au public en lançant le Prix d’Amérique Festival, un rendez-vous étendu sur trois jours mêlant sport, musique et animations. Une évolution pensée pour élargir les publics, renouveler l’image de la filière et renforcer son attractivité internationale.

L’idée n’était pas de bouleverser l’existant, mais de valoriser ce qui était déjà en place

Pour Valérie François, directrice marketing & communication chez LeTROT, l’organisme en charge du trot français et gestionnaire de l’hippodrome de Vincennes, cette transformation s’inscrit dans une tendance de fond : « Le Prix d’Amérique Festival est l’illustration de la mutation de tous les grands événements sportifs face à l’évolution sociétale. » L’idée n’était pourtant pas de bouleverser l’existant, mais de mieux valoriser ce qui était déjà en place. « En fait, 80 % du dispositif, nous l’avions déjà. Ce qu’on fait, c’est retravailler l’expérience, la promouvoir et l’adapter sur trois jours  », explique-t-elle.

Le vendredi, traditionnellement consacré aux professionnels, le samedi enrichi de courses de groupe I, et le dimanche, point d’orgue du week-end avec le Prix d’Amérique, existaient déjà. Le festival a simplement mis ces trois temps en lumière.

Une ambition affirmée : séduire un nouveau public

Pourquoi opérer ce virage maintenant ? Plusieurs raisons motivent ce choix. « Aujourd’hui, se déplacer sur des événements, ça coûte cher  », rappelle Valérie François, soulignant que depuis le Covid, de nombreux passionnés préfèrent suivre les courses à distance, via la télévision. Face à cette concurrence du confort domestique, l’enjeu était de proposer une nouvelle expérience sur site, capable de redonner des raisons concrètes de venir sur site.

LeTROT n’en est pas à son premier chantier de transformation. Il y a six ans, elle avait déjà repensé le système de qualification pour raconter une histoire sportive sur plusieurs mois. « nous étions tombés d’accord avec la direction des courses pour avoir un système de qualification sur six dates, afin d’installer un vrai storytelling, rappelle Valérie François. Résultat : D’une course d’un jour, nous sommes passés à quatre mois de compétition.  »

L’épreuve a rassemble 55 000 spectateurs sur la durée du week-end - © ScoopDyga
L’épreuve a rassemble 55 000 spectateurs sur la durée du week-end - © ScoopDyga

Pour autant, les organisateurs tiennent à préserver l’ADN de l’événement. La course reste le cœur du dispositif : « Quand on communique sur le Prix d’Amérique, on ne parle pas de festival, mais du championnat du monde des trotteurs. Le Prix d’Amérique Festival, c’est uniquement l’expérience sur site.  »

Cette logique de festivalisation s’inscrit également dans une stratégie de destination. Accueillant chaque année 400 000 visiteurs lors de 157 réunions de course, Paris-Vincennes s’impose comme l’hippodrome de trot le plus actif au monde. À l’image d’autres sites sportifs désireux de se transformer en véritables lieux de vie, Vincennes mise sur cette dynamique pour proposer concerts, animations culturelles et événements grand public.

Les objectifs sont multiples : attirer davantage de visiteurs étrangers et provinciaux, séduire de nouveaux partenaires, renforcer la médiatisation et rajeunir le public. « Nous souhaitons conquérir une nouvelle clientèle, insiste Valérie François. On ne va pas se mentir, tout le monde ne va pas aux courses », admet-elle, précisant que la cible prioritaire se situe entre 25 et 45 ans.

La prestation du chanteur Gims, artiste phare du festival, a été perturbée par des problèmes techniques. - © D.R.
La prestation du chanteur Gims, artiste phare du festival, a été perturbée par des problèmes techniques. - © D.R.

L’organisation repose sur une petite équipe d’une vingtaine de personnes, sans agence événementielle. « Pour des raisons budgétaires, nous organisons tout nous-mêmes : la signalétique, la déco, la sécu, les installations techniques… C’est notre force et notre faiblesse », confiait la directrice marketing & communication quelques jours avant l’événement.

Elle ne croyait pas si bien dire aux vues des bugs techniques qui ont interrompu prématurément le show du chanteur Gims. Programmé en amont de la course, l’artiste n’a pu communier avec son public comme il le souhaitait, provoquant la frustration chez certains spectateurs venus spécialement pour lui. Un incident fâcheux qui ne doit pas occulter la réussite du festival dont la fréquentation a atteint 55 000 visiteurs sur l’ensemble des trois jours. Un résultat encourageant pour cette première édition qui semble avoir trouver ses marques et ne demande qu’à monter en puissance lors des prochaines éditions.