Vincent-Baptiste Closon / BNP Paribas : « Notre ambition est d’être utile au tennis »
À l’occasion du renouvellement de son partenariat historique avec Roland-Garros et la Fédération française de tennis, BNP Paribas réaffirme sa stratégie fondée sur le temps long, que détaille son responsable partenariats, sponsoring et événementiel.
Après plus de cinquante ans d’engagement aux côtés de Roland-Garros, comment un partenariat aussi ancien continue-t-il à se réinventer face aux nouveaux codes du sport, du divertissement et des contenus ?
V-B.C : C’est justement là que réside la singularité de notre partenariat. Sa longévité pourrait laisser penser à une forme de routine ou de conservatisme. En réalité, c’est tout l’inverse. Le fait d’être engagés aux côtés de la Fédération française de tennis et de Roland-Garros depuis plus de cinquante ans nous donne la possibilité de construire des projets qui dépassent largement la temporalité d’un événement ou d’une campagne marketing. Nous ne raisonnons pas en retour sur investissement à court terme. Nous pouvons nous permettre de développer des programmes sur cinq, dix ans, voire davantage, parce que nous nous inscrivons dans une logique de contribution durable à l’écosystème du tennis.
Le programme Jeunes Talents en est probablement l’illustration la plus concrète. Lancé en 2018, il vise à accompagner les futurs professionnels du tennis dans leur parcours sportif et personnel. Aujourd’hui, certaines joueuses et certains joueurs qui évoluent sur les plus grandes scènes internationales en sont issus. Loïs Boisson, par exemple, faisait partie des premières bénéficiaires du programme. Moïse Kouamé également. Nous accompagnons aujourd’hui une cinquantaine de jeunes en France et près de 150 à travers le monde. Ce type d’initiative dépasse largement les enjeux de visibilité ou de communication. Notre ambition est avant tout d’être utile au tennis, à ses acteurs et à son développement.
Cette approche existe depuis longtemps chez BNP Paribas…
V-B.C : Effectivement, elle fait partie de notre ADN. Nous avons toujours cherché à créer des dispositifs qui apportent quelque chose à l’écosystème du tennis, tout en renouvelant les façons de raconter ce sport. Dès 2011, nous avions lancé la Fan Academy pour rapprocher les fans de leur passion. Plus récemment, nous avons imaginé la Wild-Card Battle, qui préfigurait en partie le format événementiel de Gaël & Friends célébrant cette année la dernière participation de Gaël Monfils à Roland-Garros. Nous poursuivons également notre engagement auprès des ramasseurs de balles avec la Ball Kids Academy. Là encore, l’idée est de mettre en lumière celles et ceux qui participent à la vie du tournoi et de raconter Roland-Garros à travers des histoires humaines, en utilisant des formats de contenus adaptés aux nouvelles générations. Le programme est diffusé sur notre plateforme We Are Tennis et permet de mettre en lumière les ramasseurs de balles, leur engagement, leur progression et les émotions qu’ils vivent tout au long de cette aventure. Après une première saison lancée l’an dernier, nous avons choisi de poursuivre l’expérience. Les retours ont été extrêmement positifs, aussi bien de la part de la Fédération française de tennis que des jeunes participants eux-mêmes. Nous avons rapidement constaté que le programme trouvait sa place et apportait une vraie valeur à l’écosystème du tournoi.
Comment avez-vous fait évoluer le format pour cette deuxième saison ?
V-B.C : Nous avons fait évoluer l’écriture du programme, initialement pensé comme un documentaire. Nous sommes aujourd’hui sur des formats plus courts, plus rythmés et plus immersifs, inspirés des codes de la téléréalité. Le dispositif s’articule autour d’une quotidienne, de débriefs réguliers et de nombreuses séquences mettant les jeunes en interaction avec différentes personnalités. Cette année, par exemple, Éric Judor participe à une capsule humoristique, tandis que Jamy intervient dans un registre plus pédagogique. Nous avons également fait intervenir un chef cuisinier ou encore un champion d’échecs. L’objectif reste le même : offrir aux ramasseurs de balles une expérience unique et leur permettre de vivre une aventure particulièrement riche, humaine et formatrice tout au long de l’année.
Au-delà des programmes que vous développez tout au long de l’année, quelles sont les principales activations mises en place cette année directement sur le tournoi ?
V-B.C : L’un des axes sur lesquels nous avons particulièrement travaillé cette année concerne l’accès à l’expérience Roland-Garros elle-même. Nous avons renforcé nos dispositifs permettant aux spectateurs déjà présents sur le site de vivre le tournoi dans des conditions encore plus privilégiées. Concrètement, grâce à différentes animations proposées sur nos espaces ainsi qu’à travers les outils digitaux du tournoi, certains visiteurs ont la possibilité de remporter des places pour le court Philippe-Chatrier, y compris pour des sessions particulièrement prisées. Cette démarche répond à une conviction simple : faire en sorte que les places dont nous disposons puissent profiter au maximum à des passionnés de tennis. Lorsqu’elles ne sont pas utilisées par nos invités, nous cherchons à les remettre en circulation afin qu’elles bénéficient à des spectateurs présents sur le tournoi et désireux de vivre une expérience qu’ils n’auraient peut-être pas pu s’offrir autrement.
Au-delà de l’aspect expérientiel, c’est aussi une façon de renforcer le lien entre Roland-Garros, ses partenaires et sa communauté de fans, en rendant le tournoi toujours plus accessible et vivant pour celles et ceux qui le font vibrer.
Roland-Garros cherche aujourd’hui à faire vivre le tournoi bien au-delà de la Porte d’Auteuil, notamment avec des initiatives comme la Tribune Concorde. Comment percevez-vous cette évolution ?
V.B-C. : Nous observons depuis plusieurs années une transformation profonde de l’univers du tennis. Bien sûr, le sport reste au cœur de l’expérience, mais il s’inscrit désormais dans un territoire beaucoup plus large, qui touche à l’art de vivre, à la culture, aux loisirs et aux grands rendez-vous populaires. La Tribune Concorde illustre parfaitement cette évolution. Elle permet de sortir le tournoi de son enceinte historique pour aller à la rencontre de nouveaux publics et créer des expériences autour du tennis dans des lieux de vie différents. C’est une démarche que nous trouvons particulièrement pertinente parce qu’elle contribue à élargir l’audience du tournoi tout en renforçant son rayonnement. Pour nous, cette capacité à sortir des courts tout en conservant l’authenticité de l’événement est essentielle. Elle permet à Roland-Garros de toucher de nouveaux publics, de s’inscrire davantage dans la culture contemporaine et de faire vivre la passion du tennis bien au-delà des quinze jours de compétition.
Le tennis s’ouvre de plus en plus aux codes du sportainment, de l’influence et de la pop culture. Comment percevez-vous cette évolution ?
V.B-C. : Je ne parlerais pas d’une rupture ou d’une bascule, mais plutôt d’un enrichissement de l’expérience. Aujourd’hui, les créateurs de contenu, les influenceurs, les médias traditionnels et les événements sportifs ne s’opposent pas ; ils coexistent et se complètent. Nous le constatons très clairement à Roland-Garros. Les Night Sessions, par exemple, ont introduit une dimension plus festive et plus spectaculaire qui attire de nouveaux publics et génère de nouveaux usages. Pour autant, elles ne remettent pas en cause l’essence même du tournoi. La journée reste profondément centrée sur le sport, la performance et la compétition.
C’est précisément cet équilibre qui est intéressant. D’un côté, le tennis conserve ce qui fait sa force : l’intensité des matchs, les performances des joueurs et l’émotion sportive. De l’autre, il s’ouvre à de nouveaux formats, à de nouvelles manières de raconter le sport et à des publics qui ne l’auraient peut-être pas suivi auparavant. À mes yeux, ces différentes dimensions fonctionnent aujourd’hui avec beaucoup d’harmonie. Elles contribuent à élargir l’audience du tennis sans dénaturer son identité, ce qui est probablement l’un des grands défis de tous les événements sportifs contemporains.
Quelle place occupent aujourd’hui les créateurs de contenu dans votre dispositif autour du tennis et de Roland-Garros ?
V-B.C : Ils occupent désormais une place importante dans notre écosystème. Notre approche consiste avant tout à travailler avec eux dans une logique de proximité et d’authenticité. Nous collaborons directement avec les créateurs, sans intermédiaire, afin de leur faire découvrir les programmes que nous développons tout au long de l’année autour du tennis. Nous les invitons notamment à rencontrer les joueurs accompagnés dans le cadre de notre programme Jeunes Talents, à participer aux contenus de la Ball Kids Academy ou à découvrir les différentes initiatives que nous menons avec la Fédération française de tennis et Roland-Garros. L’objectif n’est pas simplement de leur offrir un accès privilégié au tournoi, mais de leur permettre de comprendre et de raconter les projets que nous portons. Nous travaillons également toute l’année avec plusieurs créateurs à travers We Are Tennis, qui constitue aujourd’hui un véritable média et un relais éditorial important pour faire vivre nos contenus et nos engagements auprès des communautés de fans.
La capacité des grands événements à concentrer l’attention bien au-delà de leur public historique est impressionnante.
Cette dimension est-elle appelée à prendre encore plus d’importance dans les années à venir ?
V-B.C : J’ai le sentiment que le changement s’est déjà opéré. Depuis deux ou trois ans, les créateurs de contenu occupent une place pleinement intégrée dans l’écosystème des grands événements sportifs. Nous ne sommes plus dans une phase d’expérimentation mais dans une réalité installée. Ce qui me frappe davantage aujourd’hui, c’est la capacité des grands événements à concentrer l’attention bien au-delà de leur public historique. Roland-Garros est devenu un rendez-vous qui dépasse largement le cadre du tennis. C’est désormais un événement culturel, médiatique et populaire qui touche des audiences extrêmement diverses.
Cette évolution est le fruit du travail mené par les organisateurs, qui ont su ouvrir le tournoi à de nouveaux usages, à de nouveaux formats de contenus et à de nouvelles communautés. Les créateurs de contenu participent naturellement à cette dynamique en permettant à Roland-Garros de toucher des publics qui ne se seraient peut-être pas intéressés au tournoi de manière traditionnelle.
Vous venez de renouveler ce partenariat pour plusieurs années. Quelles seront les grandes priorités qui guideront cette nouvelle étape ?
V-B.C : Je vois deux axes majeurs : Le premier concerne les jeunes générations. Nous souhaitons continuer à renforcer l’ensemble des programmes destinés à accompagner les futurs acteurs du tennis, qu’il s’agisse des jeunes joueurs, des espoirs du circuit ou plus largement de celles et ceux qui contribueront à faire vivre ce sport demain. Cette ambition s’inscrit pleinement dans notre histoire. Depuis plusieurs années, nous investissons dans des dispositifs d’accompagnement, de formation et de détection qui permettent à de jeunes talents de franchir des étapes importantes dans leur parcours. Nous voulons poursuivre et amplifier cette démarche.
Le second axe est celui de l’utilité. C’est un mot qui revient souvent lorsque nous parlons de notre engagement dans le tennis, parce qu’il résume assez bien notre philosophie. Nous resterons très attentifs à développer des programmes qui apportent une valeur concrète au sport, aux joueurs, aux clubs et aux tournois avant même de répondre à des objectifs de visibilité ou de communication. Après plus de cinquante ans d’engagement, notre ambition n’est pas de multiplier les activations pour elles-mêmes. Elle est de continuer à accompagner le développement du tennis de manière durable et pertinente. C’est cette vision de long terme qui guide notre partenariat avec Roland-Garros et la Fédération française de tennis, et qui continuera de le faire dans les années à venir.