Territoires

La Foulée Blanche tracée dans le Vercors

Par Pascale Baziller | Le | Destinations

La Foulée Blanche, grande course de ski nordique d’Autrans est un événement de territoire. L’organisation doit développer de nouveaux projets et adapter son modèle économique basé aujourd’hui sur le financement public.

La Foulée Blanche, course de ski nordique à Autrans est un événement de territoire - © Vincent Armand
La Foulée Blanche, course de ski nordique à Autrans est un événement de territoire - © Vincent Armand

L’annonce est tombée ce mardi 10 janvier 2023. La 45e Foulée blanche qui devait se dérouler du 18 au 22 janvier 2023 est annulée faute de neige suffisante pour maintenir son organisation dans de bonnes conditions. Néanmoins, la grande course de ski nordique d’Autrans (Vercors) s’adapte au contexte, comme elle le fit pendant la crise sanitaire. Elle se tiendra dans un format digital via son application gratuite, dès que la neige fera son retour. Au programme du défi hivernal connecté (ouvert à tous et pour tous les niveaux), deux parcours balisés et chronométrés au départ du plateau de Gève à Autrans à réaliser pendant un mois, des tirages au sort avec des lots à gagner toutes les semaines, et un classement général du mois avec des récompenses pour les meilleurs chronos.

Un événement de territoires

La Foulée Blanche est un rendez-vous incontournable du ski nordique dans le calendrier annuel. Depuis sa création en 1979, elle a attiré des milliers de skieurs de fond, professionnels et amateurs, de tous âges sur ses parcours tracés sur le site nordique d’Autrans-Méaudre.

Elle est devenue au fil des années un événement identitaire pour le Vercors et la région. La tenue de cette manifestation sportive est, en effet, un outil de communication et un levier important en termes d’image de la destination, de promotion, de lien avec les populations locales (collégiens, lycéens, acteurs économiques…) et de retombées économiques. « C’est un événement de territoire qui se tient à Autrans et mobilise des centaines de bénévoles », présente Emmanuelle Eybert, directrice de la Foulée Blanche.

La Foulée Blanche, un outil de communication pour les territoires - © Boris Vigaud
La Foulée Blanche, un outil de communication pour les territoires - © Boris Vigaud

Un modèle économique basé sur le financement public

La première édition voit le jour dans le prolongement de la première journée nationale de ski de fond (1978). Elle est parrainée par la Société Générale qui cherchait à l’époque à patronner une épreuve de sport de masse avec le soutien du Figaro. Au fil des années, le nombre de participants s’accroît pour arriver à son maximum de 17 779 inscrits lors de 7e édition et l’organisation évolue (diversification des courses, nouveaux produits…). Le retrait progressif de la Société Générale (départ en 1994) a entraîné des difficultés de financement. Le budget se boucle alors avec du partenariat multiple avec des entreprises (avec échanges marchandises) le plus souvent présentes sur une seule édition. Ce qui demande de renouveler la démarche et trouver de nouveaux partenaires chaque année. La subvention du Conseil Général de l’Isère en 1997 est un soulagement pour l’organisation. S’ajoute en 1999, le soutien de la Région Rhône-Alpes à travers son service de communication solidifie le modèle économique. Le partenariat public prend ainsi le relais du partenariat privé.

« Notre modèle économique s’appuie sur le financement public depuis l’arrivée du département de l’Isère en 1997 et la Région Auvergne-Rhône Alpes en 1999, souligne Emmanuelle Eybert. Mais, l’événement ne pourrait avoir lieu sans le soutien de ses partenaires fidèles institutionnels. Son budget s’élève à 300 000 euros qui sont financés à hauteur de 200 000 euros par la Région Auvergne-Rhône Alpes et le département de l’Isère (100 000 euros chacun), 55 000 euros par les inscriptions et les 45 000 euros restants par les autres partenaires et recettes. « Ces deux partenaires institutionnels représentent près de 65 % du budget. Ce modèle est confortable mais risqué car si nous devions perdre un de ses deux partenaires, l’organisation de la course serait remise en cause. À ce sujet, nous nous attendons à une baisse du montant des subventions en 2024. Les temps vont être difficiles », expose Emmanuelle Eybert qui étudie de nouvelles pistes pour développer les sources de financement.

La recherche de nouvelles ressources

« Le ski de fond reste une niche mais nous pouvons travailler sur la notion de sport santé avec des mutuelles. La course de ski de fond est soumise à différents risques. Nous devons faire évoluer notre modèle pour nous adapter et créer une visibilité sur l’année  », développe Emmanuelle Eybert. Dans cette perspective, l’organisation a développé La Foulée Blanche d’été avec Le Sentier des Ours (anciennement organisé par l’Office de tourisme d’Autrans), un événement trail (15 août 2022) pour partir à la découverte des sentiers du village d’Autrans. Elle est complétée par le Défi estival connecté (toujours avec l’application Foulée Blanche) qui s’est déroulée du 1er juin au 31 octobre 2022, avec des parcours de trail et/ou de randonnées et des challenges à relever. « Le Sentier des ours demande moins d’investissements, nous n’avons pas à tracer les pistes, monter des chapiteaux comme en hiver. Son budget est d’environ 20 000 euros. L’idée est de booster cette manifestation pour accroître notre visibilité et de faire des challenges tout au long de l’année », conclut Emmanuelle Eybert.  

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